Fontenay-aux-Roses, Elections municipales

Agissons face au changement climatique : en transformant les pratiques dans les cantines scolaires

Insoumis fontenaisiens

10 janvier 2020

Au moment où nous faisons face au dérèglement climatique, il faut construire une véritable transition écologique y compris au niveau communal. Les mairies ont un rôle important à jouer dans ce domaine. Elles peuvent notamment agir sur la transition alimentaire en favorisant les circuits courts et en diminuant les protéines carnées dans les cantines. Il est nécessaire de se diriger vers à une alimentation durable. 

En 2006, l’ONU a décrit, chiffres à l’appui en quoi l’élevage contribue au réchauffement climatique, la dégradation des terres, la pollution de l’air, de l’eau et la perte de la biodiversité https://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre.

En 2010, la FAO (ONU) énonçait que les modes durables d’alimentation contribuent à protéger, à respecter la biodiversité et les écosystèmes. Ils sont culturellement acceptables, économiquement équitables, accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines. (https://reporterre.net/Sans-transition-alimentaire-pas-de-transition-ecologique) Cette notion d’alimentation durable doit à notre sens s’inscrire dans le plan climat énergie du territoire comme l’a, par exemple, fait le maire EELV du 2ème arrondissement de Paris qui en 2009 a vu l’alimentation durable dans les cantines passer de 6.6% à 24.3% aujourd’hui (https://elus-paris.eelv.fr/2015/07/06/objectif-50-dalimentation-durable-en-2020/)

Dans les cantines scolaires, deux fois trop de viande et produits laitiers sont servis aux enfants en comparaison des quantités recommandées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Les paysans des pays émergents sont poussés à pratiquer la déforestation afin de produire en masse des tourteaux de soja pour les éleveurs des pays industrialisés qui renoncent aux pâturages, au lieu de développer localement une agriculture vivrière raisonnée (https://www.greenpeace.fr/deux-de-viande-a-cantine/). Cette consommation à des effets sur la planète - l’élevage représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que les émissions directes des secteurs des transports (13%), et presque autant que celles de l’industrie (21%) entraîne un gaspillage d’eau considérable et chaque année dans le monde, plus de 60 milliards d’animaux terrestres sont tués pour notre consommation.

L’effet de serre se fait sentir aussi sur l’océan qui a déjà absorbé 90% de l’excès de chaleur. Si les émissions de CO2 progressent la plupart des espèces marines, coraux, poissons, krill vont disparaître.

Notre consommation de poisson doit être également une préoccupation. Aujourd’hui 95% des espèces marines sont menacées, soit par la pêche, soit par les dégâts causés par la pêche. Chaque année ce sont 2000 milliards d’animaux marins qui sont tués pour notre alimentation.

https://www.greenpeace.fr/protection-des-oceans/ https://www.viande.info/la-peche

Toute cette consommation de produits animaux en excès a également des effets néfastes sur la santé des enfants, entraînant entre autres diabète, surpoids, antibiorésistance. https://www.viande.info/elevage-viande-sante-maladies

Parfois le repas à la cantine est la seule occasion de manger équilibré au cours de la journée et les parents peuvent s’inquiéter que leur enfant se trouve carencé en pleine croissance parce qu’ils ignorent qu’il y a dans l’alimentation végétarienne tous les nutriments dont le corps a besoin et que les protéines végétales ne sont pas moins efficaces que les protéines animales. De plus, actuellement les enfants sont plutôt carencés en fibres. https://www.vegecantines.fr/acteurs-de-terrain/

Aujourd’hui, les produits carnés sont davantage consommés dans les milieux modestes que dans les milieux aisés. Il s’agit souvent de produits industriels et de mauvaise qualité nutritionnelle. A l’inverse, la consommation de fruits et légumes est plus importante chez les cadres*.

L’introduction dans les cantines de menus sans viande ni poisson, équilibrés et de qualité est ainsi un levier majeur vers plus d’équité dans l’accès à une alimentation saine et durable. (https://reporterre.net/Manger-moins-de-viande-comment-reussir-sa-revolution-culinaire)

Au sein des cantines scolaires, la loi n’a pas permis de « généraliser » le bio et le local au menu des cantines. La commune de Fontenay-aux-Roses a mis en place un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines scolaires pour se conformer à la loi Egalité et Alimentation, car depuis le 1er novembre 2019 toute la restauration scolaire, de la maternelle au lycée, doit proposer un menu végétarien par semaine, au minimum (bien que le Minsitère de l’Agriculture s’y soit opposé publiquement quelques jours après la publication de la loi) (https://agriculture.gouv.fr/egalim-depuis-le-1er-novembre-un-menu-vegetarien-par-semaine-dans-toutes-les-cantines-scolaires). C'est-à-dire un menu unique (ou un menu alternatif dans le cas ou plusieurs menus sont proposés) à base de protéines végétales pouvant également comporter des œufs ou des produits laitiers. La municipalité actuelle l’aurait-elle alors fait sans cette contrainte législative ? Est-ce alors suffisant ? Non, cette mesure doit s’accentuer pour permettre de lutter réellement contre le dérèglement climatique : c’est à dire en étant applicable à l’ensemble des menus servis aux enfants dans les cantines et ce, de manière quotidienne. Des villes comme Saint-Etienne, Fontenay-sous-Bois, Paris 2ème ou encore Strasbourg ont pris les devants et proposent une option végétarienne quotidienne à tous les enfants qui le demandent.


Certaines communes vont bien plus loin dans la mise en place du bio dans les cantines scolaires. Leurs maires s’engagent sans attendre d’y être contraint par la loi qui avance lentement (cet objectif des 20% ne date pas d’hier : le Grenelle de l’Environnement l’avait fixé en 2007) (https://reporterre.net/L-arrivee-du-bio-va-chambouler-la-restauration-collective).

C’est le cas du maire de Langouët qui, depuis 2004 a choisi de passer par des groupements d’intérêt économique (GIE). Par ce biais : les coûts diminuent et la qualité s’améliore : les groupements d’agriculteurs locaux fournissent quotidiennement les cantines en légumes. De même, la commune Langouët ainsi que celle de Mouans-Sartoux cherchent à réduire les apports en protéines animales dans les menus scolaires. A Langouët, les enfants bénéficient chaque semaine du repas végétarien. Dans la commune de Mouans-Sartoux (outre le plat végétarien hebdomadaire obligatoire) la municipalité a fait le choix de former ses cuisiniers pour une meilleure incorporation des protéines végétales dans les menus scolaires. (https://reporterre.net/Cantines-bio-ca-marche-et-c-est-moins-cher)


L’opportunité de la mise en place de menus végétariens et les conséquences de la primauté du modèle « carniste» nous obligent à repenser nos modes de consommation dans une période d’urgence écologique, ce dès le plus jeune âge et devrait s’appliquer de manière quotidienne dans les cantines scolaires. 

La cantine de nos enfants est donc un lieu où nous pouvons introduire un changement concret, multiple et bénéfique au plus grand nombre : plus de solidarité avec les producteurs de bio, une meilleure protection de l’environnement à l’échelle mondiale et la prévention des risques sanitaires graves liés à la malbouffe pour nos enfants.

La lutte contre le réchauffement climatique commence dans notre assiette.

En s’appuyant sur les réponses de 12 000 citoyens, l’ONG Greenpeace a publié une cartographie de la consommation de viande dans la restauration scolaire. Selon cette étude participative -non officielle-, qui recense 3 200 communes, près de 7 enfants sur 10 sont chaque jour obligés de manger de la viande ou du poisson à la cantine. Or, met en avant Greenpeace, la réglementation (2011) impose seulement huit repas sur vingt avec de la viande ou du poisson dans la restauration scolaire. 


La carte ci-dessous expose le menu de la majorité des enfants à la cantine. Et si on changeait de paradigme : moins de viande, et de meilleure qualité pour une planète et des enfants en meilleures santé ? (https://www.sudouest.fr/2018/05/22/cantines-scolaires-repas-vegetariens-bio-ou-en-est-on-5077552-706.php)

70% des écoliers ont de la viande tous les jours à la cantine !

Dans la plupart des cantines on sert de la viande ou du poisson presque tous les jours, au mépris des recommandations scientifiques.

 

 *« Les différences sociales en matière d’alimentation », Centre d’Étude et de Prospective, ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, in Analyse, n° 64, octobre 2013. Résultats de la consultation menée par l’AVF de novembre 2017 à juin 2018 auprès des acteurs de la restauration collective en France.

Photo: Département des Yvelines