Fontenay-aux-Roses, Elections municipales

L’isolement des personnes âgées

Insoumis fontenaisiens

9 février 2020

En France 3,2 millions de personnes âgées sont en risque d’isolement relationnel, c’est-à-dire qu’elles peuvent passer des journées entières sans parler à personne. (Étude réalisée par les Petits Frères des Pauvres en 2019). Ce constat est terrible, car être privé de lien c’est être condamné à une mort sociale

 

Pour prévenir les risques d’isolement social et agir, il est important de bien comprendre les causes et les conséquences de l’isolement chez les personnes âgées.  

 

En zone urbaine, particulièrement dans les quartiers dits « défavorisés », l’isolement est aggravé par le manque de solidarité et de relation avec les voisins auquel s’ajoutent les problématiques sociales.  Ces personnes n’ont souvent pas choisi d’habiter là mais ont dû déménager (logement devenu trop grand, les enfants sont partis, ou bien la politique de la ville les a fait s’éloigner) elles ne se sentent pas chez elles et ne sont attachées ni à leur commune, ni à leur logement. La perte du conjoint vient encore aggraver la solitude et même si le cercle familial existe, les personnes âgées se sentent incomprises, peu considérées, se renferment sur elles-mêmes et craignent de ne pas pouvoir vieillir sereinement.

 

  Dans ces quartiers, les politiques publiques se limitent parfois aux jeunes. Les personnes âgées n’y trouvent plus leur place.  

 

La difficulté à se déplacer ou à effectuer certains gestes fait que ces personnes sortent moins, et font de ce fait moins de rencontres, le lien social finit par disparaître. Les voisins deviennent des étrangers qu’elles ont peur de déranger en leur demandant de l’aide, d’où le risque de chute ou de malaise grave sans pouvoir prévenir les secours.

 

De plus, les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses à vivre sous le seuil de pauvreté et ne peuvent se permettre d’envisager des sorties, ni visiter leur famille si elle est éloignée.

 

Les trois quarts des personnes âgées en EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) n'ont pas choisi d'y vivre. Elles ont le sentiment qu’on se débarrasse d’elles, qu’elles sont devenues inutiles. « Elle m'avait dit : « J’aimerais mieux me jeter du 7ème étage que de venir en maison de retraite” », confie un enfant au sujet de sa maman. Elles souffrent de la soudaine promiscuité qui est encore aggravée par la présence de personnes qui parfois sont plus mal qu’elles. « Ça me ferait peur de perdre la tête, ne plus savoir ce que je dis : pourvu que je sois morte avant ». 

 

Mais ce n’est pas tout, une épreuve supplémentaire attend certains résidents, devoir se séparer de leur animal de compagnie, considéré comme un membre de leur famille, leur confident, celui qui donne un sens à leur vie.  

 

Pour que les personnes, une fois en retraite, ou simplement plus âgées n’aient pas ce sentiment d’isolement il faut avant tout les considérer comme des citoyens à part entière. Créer ou améliorer les lieux d’animation tels que les cafés solidaires où l’on puisse raconter sa journée, parler de ses soucis ou tout simplement de ses lectures, de tout et de rien, se former à internet, mais avant tout rencontrer d’autres personnes  

 

Il faut également penser à leur bien-être au sein de la commune pour qu’elles puissent se promener dans un environnement apaisant, des espaces verts, des rues avec davantage de bancs publics pour se reposer et engager la conversation, des passages protégés et une réglementation respectueuse de tous concernant les patinettes, les vélos sur les trottoirs. 

 

 D’après cette étude, 3,9 millions de personnes âgées n’ont pas du tout accès aux nouvelles technologies, plus de 30% des séniors ne font pas les demandes d’aides sociales qui leur sont réservées, n’ont pas accès aux services publics en ligne et n’ont pas la possibilité d’avoir de contact direct avec des personnes éloignées  

 

Internet peut être un vecteur de lien social ou devenir un facteur aggravant l’exclusion. Comme nous l’avons vu précédemment de très nombreuses personnes n’ont pas accès aux nouvelles technologies et il serait souhaitable de mettre en place une aide aux outils informatiques pour ceux qui en sont complètement exclus.

 

Certaines personnes y sont totalement réfractaires, manquent de confiance en elles, se croient incapables de se servir d’internet. D’autres aimeraient bien y avoir accès, connaître quelque chose dont tout le monde parle, qui leur permettrait de faire des recherches sur des sujets qui les passionnent ou pouvoir communiquer avec leur famille, leurs amis, par skype par exemple. Apprendre à nouveau est stimulant intellectuellement et psychologiquement valorisant.

 

Mais même si les personnes sont désireuses d’apprendre il est important de les accompagner car cette expérience risque de leur faire prendre brutalement conscience de leurs limites, soit cognitives, soient motrices, et pour finir les rendre encore plus dépressives et isolées. Nous pourrions créer des cybercentres au sein de cafés solidaires avec des postes dédiés à la découverte et à la maîtrise d’internet avec l’aide par exemples de volontaires en service civique (jeunes de 16 à 25 ans) et le partenariat avec l’association UFCS-FAMILLES RURALES qui propose aux étudiants en droit des stages et/ou de devenir bénévoles de leur association. Elle propose notamment des ateliers numériques pour lutter contre l’« ilectronisme » (aide aux démarches administratives, formations aux basiques de messagerie et internet etc.). Ils travaillent en particulier avec l'épicerie solidaire Ma P'tite Echoppe récemment ouverte à Antony. https://www.famillesrurales.org/

 

Pour toutes les démarches dématérialisées, le CCAS a bien mis en place un accueil, la maison de quartier des Paradis également avec des permanences gratuites d’écrivain public, la médiathèque propose «le service en ligne ToutApprendre » (bureautique, internet, multimédia) ainsi que des ateliers numériques, mais nous avons besoin d’aller à la rencontre des personnes isolées, celles qui ne peuvent se déplacer.

 

Comme à Paris où un bus se déplace d’un quartier à l’autre, « Ma Mairie Mobile », équipé de 4 ordinateurs, sillonnant tous les arrondissements 3 fois par semaine, on peut imaginer 1 agent municipal aidé d’1 médiateur qui seraient à la disposition des personnes isolées pour les accompagner dans leurs démarches en ligne. https://www.paris.fr/pages/au-plus-pres-des-parisiens-avec-la-mairie-mobile-3507 

 

Pour permettre aux personnes isolées de pouvoir compter sur la visite régulière d’une personne et savoir à qui demander une aide ponctuelle pour un déplacement de proximité, faire les courses, aller à un rendez-vous médical ou même une visite culturelle, la ville de Paris, en partenariat entre les Petits Frères des Pauvres et des habitants bénévoles, a mis en place un numéro de téléphone et un site internet. https://www.parisencompagnie.org/

 

Cohabitation intergénérationnelle solidaire. En combattant l’isolement des uns et la précarité des autres, le partage d’un logement avec un étudiant, un stagiaire, ou un jeune travailleur qui cherche une solution pour se loger mais aussi trouver la chaleur d’un foyer. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-domicile/partager-son-logement

 

Installer une crèche dans le même bâtiment qu'un EHPAD et proposer chaque semaine une activité où les enfants rencontrent les personnes âgées, comme à Tourcoing ou à Montpellier avec à la clé des échanges intergénérationnels et où la coopération entre les personnels est un vrai succès. https://saveurs-et-sante.com/sante/2848902-video-a-tourcoing-une-creche-est-situee-au-coeur-d-un-ehpad

 

On peut encourager les personnes seules à adopter un animal auprès des associations. Un animal de compagnie donne un sens à la vie, il améliore le bien-être et peut retarder la perte d’autonomie, la dégradation de la santé mentale. Il engage la responsabilité (le nourrir, le sortir, le soigner) et contribue à l’entretien de la mémoire (efficace dans la maladie d’Alzheimer). Il réduit l’anxiété, l’antipathie, la tristesse. Promener son chien est l’occasion de marcher et de faire des rencontres. https://sitechattrap92.wixsite.com/chattrap92/adoptions

 

Mais, lorsqu’une personne âgée perd son compagnon à quatre pattes souvent son seul lien affectif, elle hésite à adopter de nouveau par crainte de ne pas pouvoir l’assumer jusqu’au bout, de partir avant lui… Devenir famille d’accueil pour les animaux en attente d’adoption est une solution qui leur redonne le sentiment d’être à nouveau utile et d’oublier leur solitude.  https://sitechattrap92.wixsite.com/chattrap92/famille-acceuil  

 

La SPA de son côté a lancé un dispositif familles-séniors. https://www.la-spa.fr/la-spa-lance-le-dispositif-familles-seniors  

 

Nous le savons, les trois quarts des personnes allant en maison de retraite ou en EHPAD y sont contraintes et pour ne pas créer une désespérance supplémentaire il faut encourager les établissements à accepter que les résidents ne soient plus obligés de se séparer de leur animal de compagnie quand ils arrivent.  De plus en plus acceptent tous types d’animaux, chiens, chats, NAC, oiseaux. Les animaux aident à créer des liens sociaux, apportent de l’affection à tous les résidents. Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer sont particulièrement concernés par cette thérapie par l’animal et en profitent pleinement.  

 

L’association One Voice, avec son concept Chatipi met à la disposition des municipalités et des bailleurs qui le souhaitent un projet clef en main permettant non seulement de réguler efficacement la prolifération des chats sans-abri (identification et stérilisation) mais aussi de leur redonner la dignité et le respect qu’ils méritent » A Fontenay Chat Trap 92 manque de familles d’accueil, d’adoptants et de lieux sécurisés ce partenariat apporterait de la joie aux résidents ainsi qu’une nouvelle chance pour les animaux.  

 

Une toute nouvelle ONG TERPTA essaye elle aussi d’aider les maisons de retraite à développer des structures pour qu’elles puissent accueillir les résidents avec leur chat ou leur chien sans pour autant surcharger le personnel. Ce projet est à la fois social, humain et éthique. Cela permettrait d’une part aux résidents de conserver leur relation avec leur animal de compagnie et d’autre part de créer des emplois pour les soigneurs. L’association signe une convention avec la maison de retraite et se charge ensuite de mettre en place les installations extérieures nécessaires à l’accueil des animaux au sein des établissements pour personnes âgées. Ces espaces deviennent ensuite un lieu de visite pour les ainés et permettent également de faciliter les visites des vétérinaires. Pour mener à bien cette opération, l’association vient de lancer un appel aux dons et recherche des mécènes ou des partenaires. Mais encore faut-il, pour cela, récolter des fonds. Terpta a ainsi lancé un appel aux dons, recherche des mécènes et autres partenaires. Malheureusement ce n’est encore qu’un projet faute de moyens financiers. https://www.terpta.fr/projetehpad

 

Ce que dit la loi depuis 1986: « les personnes âgées qui ont un animal domestique doivent être autorisées à le garder avec elles, dans la mesure où il ne créera pas une contrainte anormale pour le personnel et où il ne gênera pas la tranquillité des autres résidents ».